Océan. Son réchauffement dépasserait de 40 % les prévisions

(Illustration David Cormier)

Le seuil d’alerte est bel et bien dépassé. Une étude de l’IPSO (Programme international sur l’état des océans) vient de révéler que l’accélération du réchauffement océanique dépasse de 40 % les prévisions les plus pessimistes qu’avançaient les experts il y a seulement cinq ans.

Le GIEC (Groupement des experts intergouvernementaux sur l’évolution du climat) doit publier, en septembre, un rapport très attendu sur l’état de l’océan et de la cryosphère (espace terrestre où l’eau est présente sous forme solide). Il précédera une conférence à l’ONU, en décembre, qui se concentrera sur l’importance des océans dans la crise climatique. Car le seuil d’alerte est bel et bien dépassé

Les écosystèmes vitaux menacés


Une étude de l’IPSO (Programme international sur l’état des océans) vient ainsi de révéler que l’accélération du réchauffement océanique dépasse de 40 % les prévisions les plus pessimistes qu’avançaient les experts il y a seulement cinq ans. Selon cette étude, si rien n’est fait durant la décennie prochaine, les changements opérés dans le fonctionnement des océans « menaceront les écosystèmes vitaux et perturberont la civilisation humaine ». Et de préciser : « Nous observons une hausse de la température, des perturbations de l’acidification, des invasions biologiques et des nutriments dans l’océan, ainsi qu’une réduction de l’oxygène ». Des processus, est-il précisé, dont les conséquences peuvent s’avérer « définitives et non réversibles ».

Au-delà de ce diagnostic accablant, l’IPSO avance donc huit priorités. À commencer par un moratoire sur l’exploitation minière en eaux profondes. Ou encore, le respect des normes en vigueur pour les aires marines protégées (AMP), la fin de la surpêche et des pratiques destructrices, la réduction drastique de la pollution des eaux marines, notamment due aux engrais azotés, aux eaux usés et aux plastiques, etc.

Ifremer inspecte la Méditerranée

Ce dernier aspect a justement fait l’objet d’une mission qu’Ifremer vient de mener en Méditerranée. Ce phénomène y ayant pris des proportions particulièrement alarmantes, il s’agissait d’en préciser l’observation et de prendre des photos, grâce au Wave Gliser. Ce drone sous-marin, guidé par satellite ou par GSM, autonome en énergie, propriété de l’Institut régional de météorologie de Livourne, dispose en effet d’une caméra embarquée. Cette fois, il a donc parcouru quelque 200 kilomètres autour de Bastia et du Canal de Corse. Et va maintenant permettre un comptage des objets en mer plus précis et surtout beaucoup moins coûteux.

Mais il y a évidemment peu de chance qu’il contredise ce que nous disent les études menées depuis 1994 par Ifremer, qui vient d’en publier une synthèse. La Méditerranée est la mer européenne la plus polluée par les déchets, sur 90 % de sa surface observée, qu’il s’agisse de sacs et de bouteilles plastiques, de canettes métalliques, d’emballages alimentaires, etc. Sauver l’espace maritime, c’est nous sauver nous-même. Cela implique des décisions géopolitiques mais commence aussi par des gestes du quotidien.

© Le Télégramme https://www.letelegramme.fr/monde/ocean-son-rechauffement-depasserait-de-40-les-previsions-29-07-2019-12349874.php#jFU2fF6RJgd53ALi.99

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