« Tout l’Atlantique central est zébré de sargasses »

Valérie Stiger, biologiste marine, répondait le 2 décembre dernier aux questions de Voiles et Voiliers :

Propos recueillis par Itzel Marie DIAZ. Modifié le 02/12/2022 à 09h54 Publié le 02/12/2022 à 07h27

Véritable obstacle pour les coureurs au large comme pour les plaisanciers, les sargasses dérivant sur l’Atlantique sont de plus en plus nombreuses. À l’origine cantonnées à la Mer des Sargasses, ces algues flottantes touchent depuis une dizaine d’années des zones de plus en plus larges. Valérie Stiger-Pouvreau, biologiste marine, explique à Voiles et Voiliers les problématiques engendrées par ce phénomène et les solutions recherchées pour y remédier.

Valérie Stiger-Pouvreau est biologiste marine à l’Université de Brest. Elle pilote le projet Save-C qui étudie les sargasses en Atlantique et dans les Caraïbes.
Valérie Stiger-Pouvreau est biologiste marine à l’Université de Brest. Elle pilote le projet Save-C qui étudie les sargasses en Atlantique et dans les Caraïbes. | LABORATOIRE LEMAR, UNIVERSITÉ DE BREST

Voiles et Voiliers : Valérie Stiger-Pouvreau, cela fait plus de trente ans que vous vous intéressez à la famille des sargasses. Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

Valérie Stiger-Pouvreau : Je suis enseignante-chercheuse en biologie marine à l’université de Brest. Depuis mes travaux de thèse, je me passionne pour la famille des Sargassaceae. J’ai commencé à les étudier en Polynésie Française. À l’époque, il existait déjà le phénomène de dérive d’algues brunes à la surface de l’océan. Par les temps de fortes houles, les sargasses peuvent être arrachées du substrat sur lequel elles sont fixées (rochers, galets…), et grâce à la présence de flotteurs, flottent au gré des courants. Ce phénomène de dérive des sargasses est commun à tous les océans du monde. Mais alors que la majorité des espèces de sargasses sont benthiques (elles vivent fixées à un substrat), ce n’est pas le cas des sargasses qu’on rencontre actuellement en Atlantique. Celles-là sont qualifiées d’holopélagiques (elles passent tout leur cycle de vie à l’état flottant).

Voiles et Voiliers : Depuis combien de temps observe-t-on un phénomène différent dans cette zone ?

Valérie Stiger-Pouvreau : Deux espèces de sargasses ne sont pas benthiques et vivent continuellement en flottant : Sargassum natans et les Sargassum fluitans. Ce sont elles qui constituent la Mer des Sargasses. Cette mer s’étend sur plus de trois millions de kilomètres carrés à l’est de la Floride et des îles des Bermudes. Cette étendue d’algues a été découverte par Christophe Colomb. Mais depuis 2011, deux autres petites mers de sargasses se sont formées en Atlantique : une dans le golfe du Mexique, et une autre au Nord du Brésil, qui s’étend jusqu’au continent africain. Quelques papiers scientifiques ont été écrits par des Américains sur le sujet, mais on ne connaissait pas grand-chose de ces nouvelles zones. En 2017, c’est ce qui a motivé le lancement d’une expédition pilotée par l’Institut méditerranéen d’océanologie (MIO, de Marseille) dont j’ai fait partie. À bord du navire océanographique Antea, nous avons quitté Cayenne, en Guyane, en plein cœur de cette nouvelle accumulation d’algues, pour nous diriger vers la Mer des Sargasses en passant par la Guadeloupe. Nous avons constaté que le phénomène avait pris de l’ampleur, puisque tout l’Atlantique central était zébré de sargasses.

Deux nouvelles zones de sargasses sont apparues au large du Brésil et de l’Afrique. Les nutriments déversés par les grands fleuves et la modification des courants marins seraient une des causes de ce phénomène. | BOUKAN & UNE SAISON EN GUYANE*

*Cette carte a été réalisée par Boukan

Voiles et Voiliers : Que s’est-il passé en 2011 pour que se développe une telle prolifération de sargasses dans l’Atlantique ?

Valérie Stiger-Pouvreau : Il y a une multitude de facteurs et de paramètres environnementaux qui peuvent expliquer ce phénomène. D’abord, un apport de nutriments (azote, phosphore) provenant des grands fleuves africains (tel que le fleuve Congo) et du fleuve Amazone. Cette zone de l’Atlantique est normalement oligotrophe, c’est-à-dire qu’elle est pauvre en nutriments. Mais ces fleuves africains et sud-américains déversent des nutriments qui, avant, ne terminaient pas dans l’océan. Cela nourrit les algues. Une autre cause de la prolifération de ces algues marines serait les brumes de sable provenant du Sahara (riches en fer et phosphates) et qui arrivent aux Antilles. Enfin, le changement de courantologie dû au réchauffement des océans est un autre facteur à prendre en compte, et qui permettrait d’expliquer l’arrivée des sargasses aussi bas (Afrique/Brésil) en Atlantique.

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Voiles et Voiliers : Comment mesure-t-on cet accroissement d’algues ?

Valérie Stiger-Pouvreau : On arrive à voir les sargasses par imagerie satellite grâce aux pigments chlorophylliens qu’elles produisent. Toujours par imagerie satellite, on arrive à voir l’enrichissement en nutriments des océans par ces mêmes pigments chlorophylliens produits par les espèces phytoplanctoniques. Les chercheurs ont observé de très grandes quantités d’espèces phytoplanctoniques à l’approche des grands fleuves. Ce qui démontre qu’il y a eu un enrichissement en nutriments de l’océan Atlantique en zone équatoriale à l’arrivée de l’Amazone et des grands fleuves africains.

Les populations locales sont dépassées

Voiles et Voiliers : Faut-il s’inquiéter de ce phénomène ?

Valérie Stiger-Pouvreau : On se retrouve aujourd’hui avec trois grandes accumulations de sargasses dans l’océan Atlantique. Si elles restaient regroupées, ce ne serait pas gênant. Finalement, elles amènent de la vie là où il n’y en avait pas avant, en créant un nouvel habitat. Le problème vient de leur déplacement en Atlantique par les gyres (ensemble de courants marins). Et surtout, de leur échouement sur les côtes caribéennes, mexicaines et africaines. Les Caraïbes ne sont plus les seuls touchés. Et les populations locales sont dépassées par ces grandes quantités de sargasses qui s’échouent. Elles ne savent pas quoi faire de ces algues qui se dégradent très rapidement. Par l’action des bactéries, elles émettent de l’H₂S (sulfure d’hydrogène), un gaz à l’odeur nauséabonde, très toxique.

Radeau de sargasses en pleine mer observé par l’expédition de l’Institut méditerranéen d’océanologie en juin 2017. Photo prise depuis le navire océanographique Antea. | VALÉRIE STIGER-POUVREAU

Voiles et Voiliers : Comment les habitants gèrent-ils ces échouements d’algues sur leur littoral ?

Valérie Stiger-Pouvreau : Ce phénomène a évidemment un impact sur le tourisme et l’économie des Antilles. Certaines plages ont dû fermer à cause de cela. Pour y remédier, les habitants avaient l’habitude de regrouper les sargasses et d’en faire des « montagnes ». Mais lorsque les sargasses sont ainsi concentrées, elles n’ont plus d’oxygène. C’est là que les bactéries agissent en conditions anoxiques (sans oxygène), qu’elles dégradent la sargasse et la rendent toxique. Nous préconisons aujourd’hui de ne pas les regrouper mais plutôt de les étaler pour qu’elles puissent bien sécher au soleil. En Martinique, certaines municipalités ont installé des barrages pour empêcher les algues de s’échouer sur le littoral. Mais cette solution, bien que profitable pour l’île, envoie le problème ailleurs.

On ne connaît pas l’état du littoral avant l’arrivée des sargasses

Voiles et Voiliers : Une fois échouées, quel impact ces sargasses ont-elles sur l’écosystème local ?

Valérie Stiger-Pouvreau : Lorsque les sargasses s’échouent sur les plages, elles deviennent impactantes pour l’écosystème en place. Notamment pour les espèces benthiques, qui elles, sont fixes et ne peuvent donc pas fuir face à l’arrivée des sargasses. Par exemple, elles font mourir les herbiers marins, les coraux, les éponges… Malheureusement, aux Antilles, il n’y a pas eu d’inventaire précis de la faune et flore locales. On ne connaît pas l’état du littoral avant l’arrivée des sargasses.

Voiles et Voiliers : Finalement, peut-on dire que ces accumulations soudaines de sargasses en Atlantique sont une conséquence de l’impact de la vie humaine sur l’environnement ?

Valérie Stiger-Pouvreau : Depuis la découverte de la Mer des Sargasses par Christophe Colomb, les algues restaient au même endroit. Le réchauffement des océans modifie maintenant les courants marins. Et en se modifiant, les courants ont amené les sargasses à se déplacer vers le Sud. Elles se sont rapprochées des grands fleuves, qui leur apportent des nutriments et les sargasses prolifèrent. Tout ce phénomène de prolifération de sargasses en Atlantique est effectivement lié à l’activité humaine.

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Voiles et Voiliers : Actuellement, quel projet coordonnez-vous ?

Valérie Stiger-Pouvreau : Je pilote le projet Save-C qui a pour objectif principal de combler les lacunes dans les connaissances scientifiques sur le fonctionnement écologique des « radeaux » de sargasses en milieu côtier. Nous étudions ces radeaux pour comprendre de quoi ils sont constitués, puisque ces algues hébergent une faune, une flore et des micro-organismes. Nous étudions aussi les interactions des organismes au sein de ces radeaux. Nous tentons enfin de comprendre comment ces sargasses arrivent à vivre à l’état flottant. Le projet Save-C propose aussi des solutions pour transformer ces échouements massifs en opportunités socio-économiques. Des partenaires travaillent sur la collecte des sargasses. L’idée est de valoriser ces sargasses dans deux domaines : en agriculture et pour la production de biomatériau.

Voiles et Voiliers : Quels usages peut-on concrètement faire de ces algues ?

Valérie Stiger-Pouvreau : Par exemple, la société martiniquaise The Marine Box, un de nos partenaires, a déposé un brevet pour fabriquer, à partir des sargasses et autres fibres végétales, des cercueils en bio cartons pour la crémation, à partir des sargasses. Mais nous souhaitons aussi utiliser ces algues en agriculture. On connaît les conséquences sanitaires de la chlordécone, ce pesticide très toxique utilisé pendant vingt ans aux Antilles. Il a contaminé les sols et aussi les populations. Nous trouvions important de proposer une alternative. Pour cela, nous travaillons avec le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) qui se penche sur l’utilisation de ces algues en tant que bio-contrôle et bio-stimulant.

Trois échantillons de cartons réalisés grâce aux sargasses échouées sur les plages de Martinique. | THE MARINE BOX

Tout l’enjeu du projet Save-C est de voir dans ces échouements de sargasses des opportunités socio-économiques pour développer l’utilisation de cette biomasse

Voiles et Voiliers : Quel bilan tirez-vous de vos travaux ?

Valérie Stiger-Pouvreau : Nous avons encore un an pour travailler sur le projet Save-C. Mais nous avons appris plein de choses. Nous sommes face à une algue qui réussit à survivre à l’état flottant, en se fragmentant sans cesse, sans jamais produire de gamètes. Ces sargasses ont aussi développé une stratégie incroyable. Lorsqu’elles n’ont pas de phosphore, qui est un des aliments de cette algue, elles puisent de l’arsenic, présent dans l’eau de mer. Elles parviennent donc à s’adapter aux conditions oligotrophes du milieu. Mais elles dérivent, et « polluent » le littoral. Tout l’enjeu du projet Save-C est de voir dans ces échouements de sargasses des opportunités socio-économiques pour développer l’utilisation de cette biomasse. Le problème reste que lorsque l’algue s’échoue, elle est déjà dégradée. On ne peut donc pas l’utiliser au maximum de ses capacités. Nous préconisons d’aller les récolter au large.

Voiles et Voiliers : Le projet Save-C répond à un besoin de solution. Mais existe-t-il des projets de recherche qui visent à éviter la formation de ces mers de sargasses ?

Valérie Stiger-Pouvreau : Je ne crois pas qu’un tel projet soit en cours. Les financeurs sont plutôt à la recherche de solutions pour prédire l’arrivée des sargasses sur les littoraux antillais, et surtout de trouver des moyens, soit d’éviter les échouements (par la mise en place de barrages par exemple), soit de trouver une valeur à ces énormes biomasses qui s’échouent. Mais si on continue d’agir de cette façon, on risque d’observer de plus en plus des phénomènes comme celui-ci. Des déplacements d’organismes. Avec le réchauffement climatique, on crée une tropicalisation. Par exemple, en Bretagne, nous sommes dans un climat tempéré. Mais on commence à observer des espèces tropicales dans nos eaux. Les recommandations sont tout simplement d’arrêter de déverser des nutriments dans l’océan, et de faire en sorte de freiner, si ce n’est de stopper le réchauffement climatique.

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Épaves en Iroise

Pour inaugurer le cycle 2022-2023 des Mardi de la mer d’Iroise, l’IFM Brest Bretagne occidentale avait programmé mardi 22 novembre une conférence sur l’archéologie sous-marine. Elle proposait un regard croisé sur quelques épaves de l’Iroise. Hugues Priol (plongeur BRP) a évoqué les sites des naufrages de la gabare le Rhône, au Toulinguet en 1790 et devant Ploumoquer en 1794. Irène Mopin (ingénieure hydrographe et acousticienne ENSTA Bretagne) a expliqué les perspectives offertes par les technologies des sonars, en s’appuyant sur les exemples des épaves du Furieux (1920) et du Cobetas (1918) en rade de Brest. Elle a enfin évoqué la recherche de la Cordelière, coulée en 1512 lors du combat contre le Regent, recherche vaine jusqu’à présent.

Un nouveau président au Pôle Mer Bretagne Atlantique

Patrice Le Lourec succède à Marie-Josée Vairon à la présidence du Pôle Mer Bretagne Atlantique, apprend-on ce jeudi 3 novembre 2022. Il présidait jusqu’alors Thalès Brest.

Ouest-France, 3/11/2022

Patrice Le Lourec succède à Marie-Josée Vairon à la Présidence du Pôle Mer Bretagne Atlantique | PÔLE MER BRETAGNE ATLANTIQUE

Patrice Le Lourec succède à Marie-Josée Vairon à la présidence du Pôle Mer Bretagne Atlantique. D’abord ingénieur de recherche en photonique, il a commencé sa carrière à l’étranger avant de contribuer au développement de plusieurs start-up françaises et de rejoindre Thales en 2005. Il avait pris la direction du site Thales de Brest en 2022.

En tant que Président du Pôle Mer Bretagne Atlantique, Patrice Le Lourec prendra la parole lors des prochaines assises de l’économie de la mer le 8 novembre sur un enjeu stratégique de taille : la cybersécurité maritime.

450 membres

Il préside désormais les conseils d’administration du Pôle Mer dont les membres élus sont issus de grands groupes industriels, des organismes de recherche et de formation, des PME et des partenaires institutionnels, et se réunissent chaque mois pour étudier les demandes de labellisations de porteurs de projets innovants accompagnés par le Pôle.

Patrice Le Lourec est le nouveau Président du Pôle Mer Bretagne Atlantique | PÔLE MER BRETAGNE ATLANTIQUE

  • « Je suis honoré de rejoindre le Pôle Mer Bretagne Atlantique et son écosystème riche de plus de 450 membres. Dans la continuité de mes prédécesseurs, j’espère maintenir avec l’ensemble des équipes et membres du conseil d’administration une dynamique d’innovation forte si cruciale pour un monde maritime en pleine mutation qui face aux enjeux stratégiques de la décarbonation, de l’exploitation durable des ressources, de la défense ou encore de la souveraineté énergétique a beaucoup de solutions à offrir« , déclare Patrice Le Lourec.

L’incroyable histoire des bateaux prisons de la rade de Brest

LE TELEGRAMME 22 octobre 2022 Stéphane Jézéquel

Thierry de Bresson et Stéphane Gatti dévoilent la dramatique détention provisoire de plus de 11 000 Communards, à Brest, à bord de navires de la marine nationale, entre 1871 et 1872.
Thierry de Bresson et Stéphane Gatti dévoilent la dramatique détention provisoire de plus de 11 000 Communards, à Brest, à bord de navires de la marine nationale, entre 1871 et 1872. (Le Télégramme/Stéphane Jézéquel)

C’est une histoire à peine croyable qui revient à la mémoire de la ville de Brest. Il y a 150 ans, devant Le Fret et Roscanvel, douze navires de guerre et deux navires-hôpitaux ont été utilisés pour la détention de 11 000 Parisiens raflés après la « Semaine sanglante » de la Commune.

Une exposition aux archives municipales de Brest et des panneaux exposés dans le Jardin de l’Académie de Marine reviennent sur un épisode douloureux et peu connu de l’histoire de Brest.

Entre juin 1871 et avril 1872, plus de 11 000 hommes et enfants ont été enfermés à bord de navires militaires désaffectés, dans les baies du Fret et de Roscanvel. Terrible détention provisoire qui a vu le décès d’au moins 360 d’entre eux. Transportés de Paris à Brest, dans des wagons à bestiaux, ces présumés insurgés de la Commune, ont été jetés à bord de ces grands voiliers en bois de la marine, oubliés au fond de la rade de Brest.

Interminable hiver

Sur les 40 000 personnes raflées dans les rues de Paris, 12 000 arrivent à Brest, 3 000 à Lorient et 3 000 autres à Rochefort. Ils ont échappé au peloton d’exécution, sans jugement, dans les rues de Paris et ont survécu à un voyage de plusieurs jours dans des wagons à bestiaux.

À lire sur le sujet1871 : les Bretons et la Commune

Lorsqu’ils débarquent à Brest, douze navires de la Royale les attendent en rade. Ce sera leur lieu de détention provisoire. Leur supplice va durer plus de huit mois où des soldats (les marins ont refusé) conduisent d’improbables instructions judiciaires.

Tout au bout de l’hiver, 8 000 d’entre eux feront l’objet d’une ordonnance de non-lieu et seront relâchés. 3 000 rejoindront une prison et un millier le bagne de Nouvelle-Calédonie.

Oubliés à bord de ces navires mouillés devant le Fret et Roscanvel, ces plus de 11 000 Parisiens ont passé huit mois avant d’être relâchés ou jugés.
Oubliés à bord de ces navires mouillés devant le Fret et Roscanvel, ces plus de 11 000 Parisiens ont passé huit mois avant d’être relâchés ou jugés. (Le Télégramme/Stéphane Jézéquel)

Qui étaient ces détenus ? La plupart du temps des fédérés raflés dans la rue ou à leur domicile. Des insurgés présumés, capturés au lendemain de la « Semaine sanglante ». La plupart n’ont pas grand-chose à se reprocher…

À 1 000 sur les vieux rafiots de la Marine

Les conditions de vie y sont difficiles, la promiscuité intenable avec plus de 1 000 personnes entassées dans chaque navire. Du pain et des biscuits cinq jours dans la semaine, des rations d’eau et de vin au compte-goutte. Les navires utilisés pour tenir à l’isolement ces insurgés présumés sont également à bout de souffle. Deux navires-hôpitaux servent à récupérer les plus mal en point. Une myriade de petites embarcations assurent la surveillance et le cas échéant la récupération de ceux qui se jettent à l’eau.

Thierry de Bresson et Stéphane Gatti ont compilé des écrits, rapports et ordres qui évoquent ce triste épisode d’après la Commune de Paris. Ceux qui essayent de fuir ou se comportent mal finissent au quartier disciplinaire de la prison de Pontaniou à Brest. La presse locale et nationale évoque le sujet mais globalement « les prisonniers ou détenus politiques de la rade » sont rapidement oubliés, même si des couvertures, des vêtements et certains éléments de confort leur arrivent, notamment par la franc-maçonnerie locale !

La présentation de ces visuels illustrés sera visible jusqu’au 20 décembre.
La présentation de ces visuels illustrés sera visible jusqu’au 20 décembre. (Le Télégramme/Stéphane Jézéquel)

150 ans plus tard…

Thierry de Bresson a retrouvé dans les archives familiales les ordres de mission reçus par son arrière-grand-père. On y découvre des instructions que les marins militaires sont sommés d’appliquer. « Après cet épisode pour le moins traumatisant, mon aïeul a rapidement démissionné de la marine. Il a gardé ces documents mais n’en aurait jamais plus parlé ». 150 ans plus tard, les écrits du fourrier éclairent ce sombre épisode, cas unique en France de détention de masse à bord de navires militaires.

DÉCLARATION DE BIZERTE POUR SAUVER L’OCÉAN D’AUJOURD’HUI ET PRÉVOIR CELUI DE 2050

Animés par leur engagement océanique, leur expérience internationale et leur volonté de travailler ensemble à une vision à 360°, OCEAN 2050, un groupe d’expert(e)s, scientifiques, représentant(e)s économiques, associatifs et politiques se sont réunis le 23 septembre 2022 à l’initiative de la Saison Bleue lors de la 5ème édition du Forum Mondial de la Mer à Bizerte, en Tunisie, pour produire une feuille de route prospective sur l’Océan en 2050 ainsi qu’un premier plan d’actions.

En cette année 2022, l’Océan, fragile bien commun au cœur du système planétaire et de nombreux enjeux globaux, a été placé de manière inédite en haut de l’agenda international. Du One Ocean Summit de Brest, de Our Ocean à Palau à la Conférence Océan des Nations Unies de Lisbonne, en passant par les négociations de l’Organisation mondiale du commerce sur les subventions néfastes et celles onusiennes sur la Haute Mer à New York et les Grands fonds marins à Kingston, l’urgence, l’état de dégradation et les menaces auxquels l’Océan se trouve confronté ont été amplement établis.

Des engagements ont été exprimés par certains acteurs maritimes au plus haut niveau, des avancées ont été accomplies, souvent sous la pression de la société civile, des populations les plus exposées, de la jeunesse et d’organisations non gouvernementales. Cependant, la communauté internationale est encore très loin d’avoir mis en œuvre un plan d’actions concerté, des solutions collectives et des réponses concrètes.

L’Océan ne peut pourtant plus attendre. Pour freiner ou inverser des scénarios globalement critiques, dans un monde incertain aux crises concomitantes, c’est donc à une véritable obligation de résultats et à une accélération de l’agenda international que devra répondre la prochaine conférence des Nations Unies sur l’Océan, prévue pour se tenir en juin 2025 en France, coorganisée avec le Costa-Rica.

En 2050, nous serons 10 milliards d’habitants. La moitié d’entre nous vivrons à moins de 75 km d’un littoral dont la proximité représentera autant d’opportunités que de menaces. 80% de la population mondiale habitera les continents africain et asiatique qui font déjà face à une explosion démographique. Les écarts de développement économique et social, tout comme les inégalités avec les nations les plus vulnérables face au dérèglement environnemental, n’auront pas cessé de s’accroître.

Si l’Océan limite en partie le réchauffement climatique, absorbant plus de 25 % du CO2 émis chaque année par l’Homme et plus de 90 % de la chaleur résultant des émissions de gaz à effet de serre, cet immense écosystème continu de la planète pâtit déjà gravement, voire irréversiblement, des changements globaux issus des pressions anthropiques (changement climatique, surexploitation des ressources, pollution, artificialisation, etc.).

En plus de ces crises affectant le milieu marin, en surface, en profondeur, et sur l’ensemble du littoral mondial, l’Océan est également le principal théâtre de compétitions et conflits économiques, stratégiques, énergétiques et sécuritaires, illustrés entre autres, par le réarmement massif des marines du monde et par des migrations, notamment sociales et climatiques, aussi inéluctables que dévastatrices.

D’ici 2050, la proportion des revenus de la mer dans les PIB des États aura fortement crû. L’Union européenne s’est engagée à éradiquer à cette échéance les émissions nettes de gaz à effet de serre et à fortement développer sa production d’énergies marines renouvelables, notamment éoliennes. Néanmoins, la transition vers une économie bleue véritablement durable tarde à se concrétiser, comme en témoignent l’appétence pour l’exploitation des ressources en haute mer, dans les grands fonds marins et les zones polaires, notamment en Arctique. Si les acteurs du transport maritime s’emploient à décarboner celui-ci en 2050, les investissements ne sont pas à la hauteur des enjeux. La répartition des bénéfices de ces importants revenus océaniques reste par ailleurs très inéquitable.

En 2050, 1 milliard de personnes, vivant dans des zones littorales basses, devront ou songeront à se déplacer, victimes de la montée des eaux et d’épisodes de submersion entraînés par des tsunamis, des ouragans et des typhons. 10% des ports de commerce du monde se trouveront fortement exposés à des phénomènes extrêmes qui s’attaqueront également aux bateaux et à leurs équipages pour un coût de 10 milliards de dollars par an à l’horizon 2050. Un quart de l’humanité, en particulier dans les pays les moins développés, ne disposera toujours pas de système d’alerte adapté aux menaces locales. Les primes d’assurance liées aux activités maritimes et à la vie littorale auront quintuplé.

Quant au stress hydrique, l’Organisation mondiale de la santé assure qu’il affectera en 2050 quatre habitants sur dix, soit quatre milliards d’individus. Le marché de la désalinisation aura alors plus que triplé pour un montant estimé à 50 milliards de dollars par an.

Ensemble, grâce à la présentation de plusieurs enquêtes et études, notamment celle proposée par le Plan Bleu pour la Méditerranée en 2050, et à l’examen de scénarios économiquement et socialement acceptables, modélisations, hypothèses et chemins de transition et de sobriété engagés depuis plusieurs années, nous avons donc envisagé l’Océan de demain, celui de 2050, ses atouts et faiblesses, ses opportunités et menaces ainsi que les actions à entreprendre urgemment pour un futur soutenable et favorable au vivant.

Dans la mise en œuvre de l’Objectif de développement durable 14 (« Conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable »), OCEAN 2050 adresse un message d’alerte à tous les acteurs concernés sous la forme d’une pressante recommandation de coopération internationale accrue à tous les niveaux. Ce « choc de coopération » paraît d’autant plus indispensable et urgent que les approches nationales, sectorielles et souvent tournées vers l’exploitation, renforcent le « choc de polarisation » à l’échelle mondiale, rendant de plus en plus complexe une vision partagée et solidaire de l’Océan bien commun.

Nous appelons donc les États, les organisations internationales et non gouvernementales, le monde de la recherche scientifique, de la surveillance de l’environnement, les entreprises, les investisseurs, les usagers de la mer et la société civile à travailler ensemble à construire un Océan sûr et en bonne santé en 2050.

Cette Déclaration de Bizerte appelant à un choc de coopération marque la détermination de ce groupe OCEAN 2050 qui s’ouvrira à compter d’aujourd’hui à tous les acteurs internationaux dont l’expertise permettra d’affiner les scénarios dans les différentes branches présentées ci-dessous. Dans ce cadre, le Forum mondial de la mer de Bizerte se propose désormais d’être un « forum de coopération pour le futur de l’Océan » et de mesurer, lors de chacune de ses éditions annuelles, les avancées accomplies comme les difficultés et blocages auxquels la communauté internationale n’aurait pas su répondre.

A cet effet, un premier rapport spécial du Groupe d’experts OCEAN 2025 sera présenté à l’occasion de la 6èmeédition du Forum mondial de la Mer de Bizerte en septembre 2023.

Reprenant l’image de l’étoile de mer, s’appuyant sur les cinq grandes thématiques portées par l’Union Européenne au sein de la Mission Starfish « Régénérer notre océan et nos eaux 2030 », c’est autour de ces cinq branches que s’organisera le travail du groupe OCEAN 2050.

Branche 1 – Gouvernance, paix, justice et sécurité

  • Instaurer une gouvernance politique et technique de l’Océan et de la cryosphère permettant une prise de décision opérationnelle, rapide, inclusive et fondée sur la science.
  • Adapter la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS, 1982) à des enjeux qui n’étaient pas d’actualité lors de son adoption, il y a 40 ans : changement climatique et élévation du niveau des mers, biodiversité, économie bleue, câbles sous-marins, droits humains et des usagers de la mer.
  • Répondre à la fragmentation de la gouvernance et de la gestion de l’Océan en regroupant l’ensemble des sujets, outils et juridictions océaniques au sein d’un rendez-vous structurant en France en 2025 sous l’égide des Nations Unies et dans le cadre de l’ODD14.
  • Reconnaître l’Océan comme bien commun de l’humanité au sein des traités internationaux et conventions de mers régionales afin de mobiliser la responsabilité individuelle et collective sur la protection de l’Océan et de poser la question des droits accordés à l’Océan.
  • Réaffirmer l’emploi du droit international Face à l’emploi désinhibé de la force en mer.
  • Accorder une attention particulière à la question de justice climatique.
  • Engager à l’échelle internationale l’ensemble des élus et responsables des collectivités territoriales maritimes à se retrouver pour échanger sur leurs bonnes pratiques dans la relation terre/mer et pour formaliser l’existence d’un sentier littoral mondial.
  • Incarner et soutenir une mission d’éducation sur les questions océaniques à tous les niveaux grâce à l’élaboration de programmes d’études et à la sensibilisation du public, notamment le plus jeune, aux niveaux local, régional et mondial grâce au développement de l’Ocean Literacy.

Branche 2 – Science , innovation et connaissance partagées

  • Stimuler une véritable communauté scientifique mondiale, autour d’un International Panel on Ocean Sustainability(IPOS), producteur de constats scientifiques partagés dont le premier rapport, en lien étroit avec le GIEC, l’IPBES et le World Ocean Assessment, sera publié en 2025 à l’occasion de la 3ème Conférence des Nations Unies sur l’Océan.
  • Construire un jumeau numérique de l’Océan, de son climat et de sa biodiversité pour combler rapidement les déficits de savoir indispensables à l’action et nourrir un système mondial de partage de connaissances.
  • Protéger et valoriser équitablement les ressources génétiques marines de la haute-mer grâce à la mise en œuvre d’un accord BBNJ ambitieux finançant la coopération scientifique internationale, en réunir la COP en même temps et sur le même lieu que l’UNOC 2025.
  • Immerger une station sous-marine internationale, véritable infrastructure de recherche, animée par les principes d’équité et d’inclusivité d’ici 2050.
  • Soutenir par la recherche le développement de solutions fondées sur la nature et promouvoir le biomimétisme.
  • Accélérer l’innovation pour la pêche et l’aquaculture durables en s’inscrivant dans les sciences de la durabilité afin d’accélérer la transition de ces secteurs économiques.
  • Favoriser les approches de type « science des solutions durables » associant les chercheurs de plusieurs disciplines, les acteurs non- académiques concernés, notamment les populations vulnérables, et qui prenne en compte l’impact social des différents scénarios envisagés.

Branche 3 – Protection, régénération et adaptation

  • Renverser le paradigme de la protection et s’appuyer sur le principe de précaution, en faisant de la protection de l’Océan la norme et de l’exploitation l’exception. Cela contribuera à résoudre de multiples conflits concernant la création d’aires marines protégées, y compris au sein de territoires cruciaux pour notre planète tels que l’Antarctique, en haute-mer, ou dans les grands fonds.
  • Développer le partage d’expériences, l’hybridation des solutions et le financement équitable de l’adaptation des territoires littoraux à l’érosion et à la hausse du niveau de la mer.
  • Amplifier l’investissement des marines nationales et des armateurs sur les enjeux climatiques et de biodiversité en matière de surveillance et de contrôle ; de recherche scientifique ; de soutien face au risque climatique ; d’exemplarité sur les normes environnementales.
  • Instaurer et faire respecter une approche écosystémique, dynamique et adaptative des pêches, interdire le chalutage de fond dans aires marines protégées, sauf avis scientifique motivé.
  • Intensifier les efforts pour mettre un terme à la pêche illégale, illicite et non déclarée, conformément à l’ODD 14 et éliminer toutes les subventions contribuant à la surpêche, et à la pêche INN.
  • Mettre fin aux subventions néfastes à l’Océan, notamment aux énergies fossiles, et cesser leur exploitation d’ici 2050.
  • Faire du sauvetage des récifs coralliens une grande cause universelle

Branche 4 – Lutte contre toutes les pollutions

  • Stopper la pollution plastique grâce à la conclusion d’un Traité international sur le plastique ambitieux d’ici 2025, permettant de réduire la consommation de plastique, de supprimer les plastiques à usage unique, toxiques et non recyclables et de doper l’économie circulaire du plastique dans le cadre du Global Commitment.
  • Stopper d’ici 2040 le déversement de pollutions chimiques non traitées de l’agriculture, des populations et des infrastructures des bassins versants.
  • Construire pour l’économie bleue des indicateurs de performance environnementale propres mêlant intensité énergétique, intensité carbone et impact sur la biodiversité.
  • Harmoniser les labels environnementaux appliqués au maritime.
  • Accélérer les programmes et plans d’action de dépollution des hot-spots littoraux, notamment des décharges littorales

Branche 5 – Économie et finance bleues durables

  • Intégrer la prise en compte des enjeux climatiques aux projets d’investissements de tous les acteurs de l’économie bleue.
  • Renforcer la part des énergies marines renouvelables dans les mix énergétiques en affirmant des démarches de sobriété et de protection des écosystèmes marins, et assurer l’autonomie énergétique des territoires insulaires.
  • Cultiver l’océan grâce au développement d’une aquaculture et d’une algoculture durables tenant compte de leur impact environnemental et associant les peuples et savoirs autochtones.
  • Soutenir le secteur de l’hydrogène bas-carbone et ses dérivés, vecteurs de décarbonation du maritime et d’autonomie énergétique des territoires.
  • Réduire les émissions de GES du transport maritime à court terme en adoptant des mesures de réduction réplicables d’ici 2025 (régulation de la vitesse des navires, renforcement de l’efficacité énergétique), par le développement des modes de propulsion alternatifs (vélique, hybridation), et par l’utilisation de combustibles à faible teneur en carbone.
  • Réduire l’empreinte environnementale des câbles sous-marins de communication et les utiliser pour accroître la connaissance des fonds marins.
  • Soutenir et inciter au financement de projets de protection et de restauration des écosystèmes séquestrant de carbone, notamment la mangrove, et jouant un rôle dans l’atténuation du changement climatique sans entacher l’objectif de baisse nette des émissions de gaz à effet de serre.
  • Développer des mécanismes de financement de l’adaptation des villes et territoires côtiers sur le temps long, permettant ainsi une gestion adaptative et intégrée qui réponde aux principes de justice sociale et d’équité.
  • Mesurer l’empreinte environnementale du tourisme balnéaire, littoral, de plaisance et de croisière et produire des indicateurs de développement durable de ces activités, y compris les effets sur la pollution, l’énergie, l’altération culturelle et le bénéfice pour les communautés locales.

OCEAN 2050

Sous la Présidence de :

Rym Benzina, Présidente de la Saison Bleue

Pascal Lamy, Président du Forum Mondial de la Mer de Bizerte

Participants au Forum Mondial de la Mer de Bizerte, « 2050, l’Océan ? »,

23 septembre 2022 :

Khadija Amine, chargée de mission développement durable et prospective Plan Bleu

Pierre Bahurel, directeur général de Mercator Océan International

Elisabetta Balzi, cheffe de l’unité Santé de l’Océan et Mers à la Commission Européenne

Mehdi Ben Haj, directeur, APAL

Elyes Ben Rayana, membre du Conseil d’administration de la BIAT

Béchir Béjaoui, enseignant-chercheur, INSTM

Yann Briand, chef du bureau Stratégie et Politique, cabinet du chef d’état-major de la marine nationale

Gauthier Carle, responsable plaidoyer national à la Plateforme Océan & Climat

Catherine Chabaud, initiatrice d’un appel de l’Océan bien commun de l’Humanité, navigatrice, députée européenne

Joachim Claudet, directeur de recherche au CNRS

Henrik Enevoldsen, chef de centre, Section des sciences océaniques COI UNESCO

Sieglinde Gruber, conseillère principale, Commission Européenne

François Houllier, président directeur général de l’IFREMER

Jamel Jrijer, directeur du Bureau du WWF Afrique du Nord en Tunisie

Gilles Kleitz, directeur Exécutif – Développement durable à l’AFD

Mounir Majdoub, consultant en politique de l’environnement et du développement durable

Mohamed Ali Marouani, représentant de l’IRD et du CIRAD, Tunisie

Mikaa Mered, enseignant en géopolitique des Pôles, des Outre-mer, et de l’Hydrogène, Chaire Outre-mer, Sciences Po

Camille Morel, chercheuse associée à l’Institut d’études de stratégie et de défense

Rémi Parmentier, directeur, The Varda Group

Olivier Poivre d’Arvor, président du Musée national de la Marine, ambassadeur chargé des pôles et enjeux maritimes

Geneviève Pons, directrice générale, Institut Europe Jacques Delors

Patricia Ricard, présidente de l’Institut Océanographique Paul Ricard

Jacques Rougerie, architecte

Julia Tasse, chercheuse, responsable du programme Climat, Energie, Sécurité à l’IRIS

Lina Tode, directrice adjointe Plan Bleu

Romain Troublé, président de la Plateforme Océan & Climat, directeur général de la Fondation Tara Océan

De la création de l’Académie de marine à Brest il y a 270 ans au campus mondial de la mer…

Un mardi de la mer d’Iroise exceptionnel !

Pour commémorer comme il se doit le 270e anniversaire de la fondation à Brest de l’Académie de marine, l’IFM, le SHD et le Musée national de la Marine vous convient à un événement exceptionnel mardi 5 juillet 2022 à partir de 15 h 30 aux ateliers des Capucins. Au programme, pièces musicales du XVIIIe siècle par le département de musique ancienne du Conservatoire de Brest cordonné par Emmanuel Rousson, présentation du dernier numéro des Cahiers de l’Iroise consacré à l’Académie de marine et conférence d’Alain Boulaire et Michel Gourtay.

Du nouveau sur Kerguelen !

Parution aujourd’hui aux éditions Locus Solus du dernier livre d’Alain Boulaire sur la vie tumultueuse d’Yves Joseph Marie de Kerguelen, découvreur des iles australes qui portent son nom. A la lumière de nouveaux documents d’archives, l’auteur revient sur la vie de cet aventurier, brillant officier de marine, fin stratège, mais aussi trafiquant et affabulateur. Avec la verve qu’on lui connait, Alain Boulaire en raconte la gloire et la déchéance.